Maroc
Le 29/12/2014
Les nouvelles du Maroc (déc. 2014) ---2ème partie
Maroc
Les principaux médias consultés pour réaliser cette revue de presse sont :Al Bayane, Libération, La vie économique, le magazine TelQuel et agence AFP

Les principaux thèmes traités dans cette revue de presse sont :
1--La destination touristique Ouarzazate : en pleine expansion
2—Les 7 plus grandes « Chouha » au Maroc en 2014
3--38 femmes brûlées par leur partenaire au Maroc en 2013
4--Dix Marocains impliqués dans une affaire de dopage
5--Le boom des portails d’annonces immobilières
6-- Le dur quotidien des « tortues » humaines aux frontières entre l’Europe et le Maroc
7—Amélioration des relations : Maroc-Iran

 

1) La destination touristique Ouarzazate : en pleine expansion

 

Ouarzazate, fleuron du Drâa, s’illumine de splendeur, de fond en comble, au moment où Agadir, le joyau incontesté en la matière, perd affreusement de sa lueur d’antan.
Aujourd’hui, Agadir marque le pas, non sans amertume, alors que son alter égo du sud gagne du terrain, au fil des ans. Une augmentation de 18% des variations des touristes ayant séjourné dans le berceau du cinéma mondial, a été enregistrée à fin septembre dernier. Par ailleurs, une seconde performance nationale a été réalisée en termes de nuitées totales, enregistrées dans les établissements hôteliers classés. En effet, pendant la même période, les nuitées touristiques classées sont passées de 252.239 à 319.690, soit une augmentation de 27%. Les touristes français devancent de loin le classement avec un nombre d’arrivées de 51.044 (23,79%), suivis du marché national avec une part de 16,74%. Il va sans dire pareillement que Ouarzazate, aux mille hospices de la nature pure et aux temples exquis du patrimoine ancestral, constitue le tremplin vers ensorcelleries des contrées avoisinantes. A quelques dizaines de kilomètres, on est plutôt hallucinés par la magnificence des gorges de Toundra et de Dadès qui font procurer aux visiteurs des frissons de resplendissement ahurissant. Les palmeraies interminables de Zagora, les écumes sablonneuses de Merzouga et les niches clinquantes de Boulmane et M’gouna flanqueraient le coup de grâce à ce tourisme d’aventure, de plus en plus, prisé dans le monde. Ouarzazate, de par son dynamisme et son potentiel, est en passe de ravir la palme à ses homologues du sud.
La promotion touristique de ces contrées reculées passerait, sans nul doute, par une réelle mise en place infrastructurelle, en termes d’accès aux multiples merveilles, notamment aux gorges, de structures d’accueil, de conditions sécuritaires…

--------------------Source : Saoudi El Amalki Copyright © 2014 journal albayane.

 

2—Les 7 plus grandes « Chouha » au Maroc en 2014

 

Telquel.ma revient sur les moments les moins glorieux de 2014.
1--El Khalfi et les « maisons closes mexicaines »
Quand le ministre PJDiste de la Communication fait de la concurrence au chef du gouvernement, connu pour ses sorties tonitruantes, cela donne ça : « Ils veulent transformer le Maroc en une maison close au Mexique ! ». « Ils », ce sont les responsables des chaînes de télévision publique. Mustapha El Khalfi répondait aux critiques des parlementaires de l’opposition, le 3 juin dernier, qui accusaient le PJD de vouloir des médias à l’image de ceux de l’« Afghanistan ou du Soudan ». Et de se justifier : « J’ai vu un film marocain dans lequel un couple se met d’accord pour que le mari continue à avoir des relations intimes avec l’employé de maison. Vous acceptez que cela passe sur nos télévisions ? »
Quelques jours plus tard, le ministre s’était excusé sur Twitter. Pas auprès des chaînes concernées, non, mais auprès du Mexique, « pays ami ».
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2--Au royaume du kitsch, la malhama est reine
A l’occasion de la fête du trône, un clip réunissant 15 artistes rendant hommage au Maroc et à Mohammed VI a été diffusé le 29 juillet sur les chaînes nationales et sur YouTube. Intitulée Maghreb Mochreq, cette « mal7ama » (épopée ou opérette) a fait un flop, et c’est le moins que l’on puisse dire. La vidéo au caractère clairement propagandiste accumule clichés et erreurs de réalisation (notamment de graves décalages de playback), ce qui lui a valu de se faire descendre sur les réseaux sociaux…

3--Abdelilah Benkirane compare la Marocaine à un lustre
Il aurait mieux fait de tourner sa langue 7 fois dans sa bouche. Le 17 juin dernier, le chef de gouvernement déplore devant les députés de la Chambre des conseillers que l’entrée de la femme dans le marché du travail « ne lui laisse plus le temps ni de se marier, ni de devenir mère, ni d’éduquer ses enfants » et explique qu’il faut « sacraliser les femmes au foyer au lieu de les considérer d’une manière condescendante ». Et Abdelilah Benkirane d’ajouter avec son lyrisme habituel que « les femmes représentent le lustre (« tria » en darija) de la maison. Les foyers marocains se sont éteints lorsque les femmes sont sorties pour travailler ». Ces déclarations ont soulevé un tollé parmi les militantes féministes mais pas seulement. La Twittoma les a dénoncées avec le hashtag #anamachitria (« je ne suis pas un lustre »). Le – mauvais – buzz a été tel qu’il a dépassé nos frontières…
»…
--
4--Quand les députés règlent leurs différents à coups de poing…
Lors de la dernière rentrée parlementaire, le 10 octobre, le roi Mohammed VI a appelé les députés et conseillers à se conformer « aux lois et aux règles de déontologie » et à mettre fin aux « surenchères et luttes politiciennes ». Mais quelques minutes à peine après ce discours, Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal, et Aziz Lebbar, conseiller du Parti authenticité et modernité (PAM), se sont livrés à une séance de lutte « très politicienne », à mains nues, et dans l’enceinte même de la chambre. Les photos de la bagarre ont fait la une des journaux…
Rappelons qu’au début du mois de juillet 2014, dans une vidéo publiée sur YouTube, le tonitruant Hamid Chabat, n’avait pas hésité à accuser les dirigeants du PJD de financer l’organisation terroriste Daech, avant, quelques jours plus tard, d’accuser le parti de la lampe au Parlement (et devant un Benkirane hilare) d’être soutenu par le Mossad…
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5--Un stade qui se transforme en piscine
Un an après le fiasco de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde des clubs à Agadir, l’édition 2014 devait permettre au royaume de prouver au monde entier qu’il était capable d’organiser une compétition internationale. On repassera. Samedi 13 décembre, lors du quart de finale opposant Cruz Azul aux Sydney Wanderers, le stade Moulay Abdellah était complètement inondé : la rencontre a été marquée par les images – retransmises mondialement – de la pelouse totalement détrempée et les tentatives désespérées des jardiniers, seaux et raclettes en mains, pour l’éponger en vain, à cause d’un problème de drainage.
En réaction, la Fédération internationale de football (Fifa) avait été contrainte de délocaliser en urgence à Marrakech la demi-finale entre le Real Madrid et Cruz Azul, prévue trois jours plus tard. Les travaux de réfection du stade de Rabat pour abriter la compétition ont été évalués à quelque 220 millions de dirhams.
Une enquête a été ouverte et, vendredi 19 décembre, sur les instructions du roi Mohammed VI, le ministre de la Jeunesse et des sports, Mohammed Ouzzine, a été suspendu momentanément de ses fonctions relatives à la Coupe du monde des clubs, « dont notamment la présence au match de la finale ». Une finale que le ministre devait redouter, vu l’accueil peu chaleureux que de nombreux supporters lui préparaient…
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6--Inondations : des morts transportés dans des camions-bennes
Au-delà de la polémique sur le manque de préparation des autorités lors des premières inondations qui ont frappé le Sud du Maroc du 20 au 24 novembre, et des images choquantes de véhicules emportés par les crues, il restera cette vidéo montrant le corps de quelques victimes être évacués à l’aide de civières de fortune avant d’être placés dans la benne d’un de ces camions qui transportent habituellement des ordures. La vidéo et les captures d’écran qui montrent le camion-benne chargé de son macabre fardeau ont déchaîné les commentaires des internautes. Notons que le wali de la région Guelmim-Smara n’a pas nié, expliquant devant la caméra du site arabophone Hespress, que« le camion était propre », mais sans vraiment expliquer pourquoi un camion militaire n’avait pas été jugé plus approprié.
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7--Éducation : le Maroc cité comme l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire à l’ONU
Mais la « chouha » ultime reste l’état déplorable de notre système éducatif. Le rapporteur onusien sur le droit à l’éducation a ainsi cité le royaume et sa politique de privatisation comme exemple des atteintes au droit à l’éducation devant l’Assemblée générale de l’ONU, le 27 octobre dernier. Le rapporteur spécial sur le droit à l’éducation, Kishore Singh, a ainsi déploré l’importance grandissante de l’enseignement privé, facteur de « discrimination et d’inégalités [...] entre les riches et les démunis ». L’ONU avait auparavant averti le Maroc au sujet de l’évolution que connaît le secteur de l’enseignement : depuis l’introduction de la charte de l’éducation en 2000, le nombre d’élèves inscrits dans les écoles privées a énormément augmenté. Cette année-là, seulement 4 % des élèves des établissements primaires au Maroc étaient inscrits dans une institution privée. En 2013, ce taux était de 14 %. Au vu de l’évolution actuelle, 97 % des élèves du cycle primaire devraient être inscrits dans des établissements privés à l’horizon 2038.
En fait, les rapports et les classements d’ONG ou d’institutions − étrangères comme marocaines − se suivent et se ressemblent. Ainsi, au début de l’année, un rapport sur l’éducation pour tous, publié par l’Unesco, a confirmé le niveau catastrophique du royaume dans le domaine de l’éducation. Le Maroc fait office de dernier de la classe et figure parmi les 21 pays les moins avancés, aux côtés de la Mauritanie et d’autres pays africains en développement. Des conclusions que n’a pas reniées le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE) qui, mis en place en juillet, a livré ses premiers avis sur la situation de l’enseignement au Maroc le 8 septembre dernier. Le Conseil a notamment pointé du doigt l’absence d’une politique cohérente pour sortir le système éducatif marocain du marasme, chaque nouveau ministre balayant les études et programmes mis en place par son prédécesseur.

-------------Source : Amanda Chapon, TelQuel, 23 décembre
 

3--38 femmes brûlées par leur partenaire au Maroc en 2013.

 

L’Observatoire marocain des violences à l’égard des femmes nommé « Ouyoune nissaiya » a publié son rapport annuel sur l’état de la violence faite aux femmes au Maroc en 2013. L’observatoire qui regroupe une dizaine d’associations a, en effet, recensé environ 39 525 actes de violence dont ont été victimes 4 940 femmes, soit en moyenne 8 actes de violence contre chaque femme.
Comparé à l’année 2012 où l’observatoire avait fait état d’environ 59 000 cas de violence, les actes de violence à l’égard des femmes sont en baisse. Cependant, cette tendance s’explique par la baisse du nombre des centres d’écoute mis en place par les différentes associations dans plusieurs villes du royaume. « Les centres d’écoute sont passés de 10 à 7 par manque de moyens matériels et financiers», nous explique Najat Razi, présidente de l’Association marocaine des droits de la femme (AMDF) et de l’Observatoire.
La responsable a également tenu à préciser que « le degré de la violence dont les femmes sont victimes a augmenté par rapport à 2012». « Les femmes qui décèdent ou qui perdent leur grossesse après avoir été violentées sont de plus en plus nombreuses », nous explique Najat Razi.
En témoigne les chiffres sur les victimes de violences qui ont perdu la vie. Elles étaient de 6 victimes en 2012 contre 10 en 2013. Six d’entre elles ont été victimes de meurtre commis par leurs conjoints ou partenaires alors que 4 d’entre elles se sont de suicidées. De même, l’Observatoire a recensé 44 cas d’avortement suites à des actes de violences.
Toujours selon le document, plus de 2 800 femmes ont subi des violences verbales (insultes injures) alors que plus de 2000 ont été battues. De même plus de 1000 cas de viols ont été déclarés dans les centres d’écoute alors que 38 femmes ont été brûlées par leur partenaire et 22, ligotées et torturées.
Le rapport dénonce l’absence de volonté en matière de lutte contre la violence faite aux femmes. Selon le document, à l’ exception de l’annulation de l article 475 du code pénal ; aucun progrès n’a été constaté au niveau des réformes législatives et institutionnelles concernant la lutte contre la violence de genre. Un fléau que l’observatoire juge dangereux et qui gagne en ampleur, en l’absence de mesures adéquates. Dans ce cadre, l’Observatoire a émis des recommandations.
Le groupement demande à l’État de considérer la violence à l’encontre des femmes comme une affaire publique conformément à la Constitution, aux conventions et résolutions internationales. Il souhaite voir l’autorité garantir la gratuité des services de prise en charge des femmes victimes de violence dans les institutions publiques.
De même, les associations recommandent à l’État de mettre en place des centres d’hébergements pour les femmes victimes de violence mais aussi d’assurer l’accompagnement et l’assistance judiciaire.
--------Source : Christophe Sidiguitiebe, 25 décembre, TelQuel

 

4--Dix Marocains impliqués dans une affaire de dopage

 
Le quotidien britannique The Telegraph a eu accès à une liste incluant des athlètes ayant fourni des échantillons sanguins douteux lors de contrôles anti-dopage. Cette liste contient les noms de 225 athlètes, parmi lesquels figureraient de grands noms du sport. La plupart de ces athlètes (195), bien qu’étant contrôlés positifs sur des substances dopantes, n’ont jamais ni été punis ni même fait l’objet de contrôles particuliers de la part de l’IAAF (International Association of Athletics Federations). Pour l’instant, aucun nom n’a été révélé par le quotidien britannique. Dans le classement des nations ayant le plus d’athlètes dopés, le Maroc pointe au sixième rang, avec 10 athlètes dopés, à égalité avec l’Éthiopie.
Le royaume est devancé par la Russie, avec un nombre impressionnant de 58 athlètes dopés, le Kenya (25 athlètes), l’Espagne (12 athlètes) et enfin l’Ukraine et la Roumanie (11 athlètes chacun). Cette liste avait été révélée par la chaîne allemande WRD et l’IAAF n’a pas contesté son authenticité.

-------------------------Source : Yassine Majdi, 11 décembre,TelQuel

 

5--Le boom des portails d’annonces immobilières

 
Les portails d’annonces immobilières se multiplient au Maroc. Aux trois sites qui existaient avant 2011, à savoir Mubawab, Selektimmo et Logicimmo, se sont ajoutés ces dernières années les plateformes de multinationales, Lamudi et Sarouty, appartenant respectivement aux groupes Rocket Internet et Property Finder ainsi que des sites initiés par de jeunes entrepreneurs, Charikari et Webimmo, entre autres. Le tout est complété par les portails généralistes comme Avito ou Maroc Annonces au niveau desquels l’immobilier semble occuper une place grandissante.
Vu le marasme que traverse le marché de l’immobilier, cet afflux de nouveaux acteurs a de quoi étonner. Mais il reste que «beaucoup d’offres et de demandes de logements existent sur le marché et Internet est un canal de choix pour faciliter leur rencontre, ce qui crée un marché favorable pour les portails d’annonce», justifie Hatim Ibn Talib, marketing manager chez Avito. Cela peut en effet expliquer la percée de ces portails auprès des particuliers, pour qui poster ou consulter des annonces immobilières tend à devenir un réflexe. Mais il se trouve que cette dernière cible n’est pas la priorité des sites, du moins pour ce qui est de l’émission d’annonces. L’enjeu est en effet plus d’attirer les annonces de professionnels, à savoir les agents et les promoteurs immobiliers, autour desquels, à vrai dire, tout le modèle d’affaires de ces plateformes est bâti.
Les portails tirent en effet l’essentiel de leurs revenus de packs vendus aux professionnels permettant de bénéficier d’une meilleure visibilité des annonces qu’ils postent (meilleur classement dans les listes de recherche, annonces surlignées…). Et il faut dire que les opérateurs sont réceptifs à cette offre. «Les agents et les promoteurs immobiliers s’orientent vers les portails immobiliers parce qu’ils arrivent à en évaluer rapidement les retombées sur la base des prises de contact avec des clients potentiels», explique Kevin Gormand, PDG et fondateur de Mubawab. Surtout, l’argument qui fait mouche auprès des professionnels, en cette période de vaches maigres pour le secteur immobilier, est le prix des packs de visibilité. Tous les portails vendent ces services à partir de 2 000 DH et jusqu’à 5 000 DH par mois pour les offres les plus élaborées, en demandant aux clients un engagement généralement d’un trimestre au moins.
La diversité des annonces profite au trafic des portails qui est véritablement le nerf de la guerre. Le champion en la matière est Avito, qui est même le cinquième site internet le plus consulté au Maroc, toutes catégories confondues, selon les chiffres du fournisseur de statistiques sur le trafic du web, Alexa. Il est suivi de Maroc Annonces, classé au 42e rang. Mais si l’on ne retient que les portails spécialisés, Mubawab arrive en tête au 178e rang suivi bien après par le pionnier du marché, Selektimmo classé 899e. Même si ces chiffres fournissent une base d’indication quantitative, ils ne renseignent pas nécessairement sur la qualité du trafic. Celui-ci peut en effet être gonflé par les intermédiaires informels (semsars) vis-à-vis desquels les portails cherchent plus ou moins à se prémunir.
Sur certains sites, les annonces ont une durée de vie de 6 mois au maximum tandis que sur d’autres aucune limite n’est appliquée. En leader du marché, Avito affiche actuellement près de 280 200 annonces suivi de Mubawab qui présente 61800 offres.
Un trafic important renforce les chances des portails de drainer de la publicité par bannière qui reste pour l’heure peu présente au niveau des sites spécialisés. Il faut dire que les catégories d’usagers consultant ces portails, essentiellement des actifs citadins, de plus de 25 ans, et aussi des MRE, sont une cible très recherchée par les annonceurs.
La plupart des opérateurs en place étant en phase d’investissement, les bénéfices ne semblent pas encore à l’ordre du jour.
---------------Source : Reda Harmak, www.lavieeco.com, 2014-12-26
 

6-- Le dur quotidien des « tortues » humaines aux frontières entre l’Europe et le Maroc

 

30 000 Marocains, commerçants ou porteurs, viennent chaque jour à Sebta et Melilia pour gagner leur vie. Un quotidien pénible et un commerce qui ne profite pas vraiment à la population.
Hassan Ibrahim, handicapé, tombe à genou face aux commerçants du marché de l’enclave espagnole de Sebta, chargeant deux ballots de 100 kg sur sa chaise roulante. Il la poussera en claudiquant jusqu’à la « frontière » marocaine, où ces mules humaines sont légion. Hassan garde le sourire. Handicapé psychomoteur, il est prioritaire face aux milliers d’hommes et femmes qui se pressent quotidiennement à ce poste frontière piétonnier de Tarajal à Sebta, mais aussi à Melilia.
A 400 km à l’est de Sebta, aux portes de Melilia, Naima Fakhri, 46 ans, deux enfants, est amère. Elle s’est tordue la cheville, mais va quand même de l’avant, portant un baluchon de couvertures de 20 kilos. Des marées humaines de Marocains comme Hassan Ibrahim et Naima Fakhri sont chargés de cette contrebande tolérée aux portes de l’Europe. Le principe est qu’ils sont autorisés à passer avec tout ce qu’ils seront capables de porter, sans avoir à payer de taxes.
Les porteurs ont un surnom, les « tortues », dit un vigile de Sebta en pointant des vieilles dames courbées, écrasées par leurs lourds fardeaux. Hassan Ibrahim gagne quelque 15 euros par ballot et fait vivre une épouse, trois enfants, cinq sœurs, aux prises avec la pauvreté à Fnideq. Naima obtient de son côté un euro par couverture acheminée, environ cinq par ballot. Les autorités estiment que 30 000 Marocains, commerçants ou porteurs, viennent chaque jour à Sebta et Melilia, deux enclaves que le Maroc revendique.
A Sebta, les Marocains de la région voisine de Tetouan peuvent entrer sans visa. C’est aussi le cas pour ceux de la région marocaine de Nador qui veulent se rendre à Melilia. Les experts estiment que la valeur des marchandises acheminées atteint annuellement 600 millions d’euros pour chaque enclave.
A Sebta, une quarantaine de policiers tente d’organiser le flux de voitures et de « porteurs » venus du Maroc: Les resquilleurs sont chassés à coups de bâtons, provoquant de dangereux mouvements de foule.

-----------------Source : AFP, 26 décembre,(http://www.leconomiste.com)
 

7—Amélioration des relations : Maroc-Iran

 
La nomination par Téhéran d’un nouvel ambassadeur au Maroc constitue un premier signe du dégel des relations diplomatiques entre les deux pays. Néanmoins, il ne pourra présenter ses lettres de créance au Souverain qu’après avoir reçu le feu vert des autorités marocaines
Les relations maroco-iraniennes semblent se diriger vers un dégel, après une période de crispation qui a duré près de 5 ans. L’Iran vient de nommer un nouvel ambassadeur au Maroc, afin de renouer les relations diplomatiques entre les deux États, rompues par Rabat, suite au «rôle nocif de l’État perse dans la région du Golfe, notamment au Bahreïn, et son activisme, considéré comme visant à altérer les fondamentaux religieux du Royaume», a rappelé Mohamed Amrani Boukhobza, professeur des Relations internationales à l’Université Abdelmalek Sebti à Tétouan. Le Maroc avait pris une position ferme face à la menace d’endoctrinement chiite, encouragé par le régime de Téhéran. Aujourd’hui, les choses semblent évoluer dans le sens de l’apaisement, selon plusieurs observateurs. Des signes du réchauffement des relations entre les deux pays ont été repérés depuis le début de l’année, notamment suite à une conversation téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères. Le ministre iranien avait même annoncé que «les ambassades des deux pays allaient bientôt rouvrir». Le changement du leadership iranien semble également avoir joué un rôle dans la reprise des liens diplomatiques. D’ailleurs, Hassan Rohani, qui a succédé à Mahmoud Ahmadinjad, a adressé un message de félicitations au Souverain à l’occasion de la fête du Trône, dans lequel il a dit «souhaiter qu’une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire des deux pays». Aujourd’hui, Téhéran a opté pour Mohamed Taghi Moayed, qui connaît bien la région, puisqu’il était auparavant en poste en Tunisie. Pour l’instant, aucune date n’a été avancée concernant l’arrivée du nouvel ambassadeur à Rabat. Il faut dire que la remise des lettres de créance du nouveau diplomate ne peut se faire sans l’aval du Maroc. Néanmoins, «Rabat semble manifester une position positive concernant cette nomination», a estimé Amrani Boukhobza. Surtout que plusieurs indices, selon lui, montrent que les relations entre les deux pays se dirigent vers le réchauffement. Il s’agit notamment des changements au niveau de la configuration géopolitique dans la région du Golfe. Surtout que «les causes qui ont poussé le Maroc à rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran ne sont plus à l’ordre du jour», a noté le professeur des relations internationales. Il s’agit notamment de la menace d’ingérence du régime de Téhéran dans les affaires intérieures d’un pays comme le Bahreïn. D’autant plus que «Rabat, en dépit de son éloignement de la région du Golfe, reste un acteur de référence, considéré, avec la Jordanie, comme des alliés sûrs des pays du Conseil de coopération du Golfe», a-t-il ajouté. Il faut dire également que le Maroc a aussi pris l’habitude de jouer un rôle décisif en matière de médiation et de règlement des différends entre pays dans différentes régions, notamment en Afrique.
LA menace chiite qui plane sur plusieurs pays, dont le Maroc, est l’une des principales causes de la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran en 2009. Rabat avait suspecté certains actes d’endoctrinement de jeunes dans certaines villes, notamment au nord du pays, avec un appui de Téhéran. Aujourd’hui, le Maroc va-t-il poser des conditions pour éviter toute forme d’ingérence dans ses affaires intérieures, notamment via les aspects religieux? Pour Mohamed Amrani Boukhobza, «si Rabat envoie des signaux positifs concernant la nomination du nouvel ambassadeur iranien, c’est que les problématiques qui avaient envenimé les relations entre les deux pays ont été réglées». Surtout que le Maroc a pris en charge le renforcement de sa sécurité religieuse, à travers des stratégies qui coupent la route à la percée de nouveaux courants, notamment chiite, a-t-il ajouté. Et la décision de Téhéran de rouvrir son ambassade à Rabat montre qu’il a «accepté les conditions du Maroc», a estimé ce professeur des relations internationales.
-----------------Source : M. A. M.

Auteur : 
Radouane Bnou‐nouçair
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