Culture
Le 07/03/2015
Ahmed Taïeb El Alj, le «Molière marocain»
Culture
Le décès d’Ahmed Taïeb El Alj, il y a deux ans, a laissé un grand vide dans le monde artistique marocain car des artistes de cette envergure sont rares.

Le journaliste chevronné qu’était feu Et-Tayeb Houdaïfa de La Vie éco nous avait livré un portrait émouvant et de très grande qualité du «Molière marocain».

 
Pour avoir écrit à lui seul une bonne partie du répertoire de la chanson marocaine et cent pièces théâtrales, El Alj est, à juste titre, considéré comme une personnalité emblématique de notre création. Largement octogénaire, il n’est pas près de jeter l’éponge, boxant crânement dans la catégorie qui lui est chère, celle de l’écriture.

 

A quoi ressemblerait le paysage artistique marocain si Ahmed Taïeb El Alj n’existait pas ? A une morne plaine, assurément. Le théâtre serait déprimant ; la chanson sombrerait dans un semi-mutisme. Ceux qui n’ont plus vingt ans depuis longtemps et qui ont eu le loisir d’écouter la radio se rappellent sûrement de cette époque pendant laquelle étaient diffusées des pièces de théâtre sur les ondes sonores. Presque toutes estampillées Ahmed Taïeb El Alj.
A croire qu’il n’y avait que lui. Pourtant, pendant plus d’un demi-siècle, El Alj, en tant qu’auteur dramatique, avait des émules de premier ordre. Abdessamad Kenfaoui, Tayeb Saddiki, Tahar Ouaâziz, Abdallah Chakroun, Nabil Lahlou… n’étaient pas des plumitifs de la main gauche. Seulement, ils étaient coiffés au poteau par l’enfant de Fès, à cause de sa générosité créatrice et son choix délibéré de la comédie populaire. 
Pendant longtemps aussi, les paroliers ont été légion. Abdallah Chakroun, Mehdi Zeriouh, Abderrafiî Jawahiri, Fathallah Lamghari, Ali Haddani, Tahar Sabbata, Jamal Louazzani, Hassan Moufti, Mohamed Kouach, Abderrahman Alami… ne manquaient ni d’envergure ni de grâce. Ils étaient, cependant, surclassés par El Alj, parce que ce dernier se montrait insurpassablement prolifique. De surcroît, alors que ses rivaux servaient rarement plus d’un compositeur ou chanteur, lui pouvait s’enorgueillir d’avoir mis ses mots dans la bouche de la plupart des interprètes qui comptaient, de Mohamed Fouiteh et Maâti Belkacem à Naïma Samih et Latéfa Raafat, en passant par Abdelhadi Belkhayat et Abdelwahab Doukkali. Comédien, dramaturge, metteur en scène, acteur, dialoguiste, parolier, écrivain. Pendant toute son existence active, Ahmed Taïeb El Alj se démultipliait. En boulimique de la vie, mener une seule vie comme le commun des mortels lui paraissait insupportable. Alors, il s’en était créé plusieurs. Sans doute parce qu’il avait, dans sa prime jeunesse, frôlé la mort et que onze de ses frères et sœurs ont été fauchés précocement. En effet, à l’âge de dix-neuf ans, il faillit être foudroyé par une pleurésie. Il en réchappa grâce au miracle de la science, mais ne put savourer, comme il fallait, sa victoire sur la mort. La raison en était l’empêchement qui lui fut formellement signifié de continuer d’exercer le métier de menuisier, sous peine de clamser pour de bon.
Or, le jeune El Alj aimait à toucher du bois. Chantourner cette matière, la polir, voir les copeaux planer dans les airs avant de choir tels des feuilles mortes, le comblait d’aise. Et voilà que ce fruit lui était désormais défendu. Et douze ans de sa vie ensevelis. Car, c’était à l’âge de sept ans que le père de Ahmed Taïeb avait placé son garçon chez un voisin ébéniste. En désespoir de cause, tant le marmot, véritable tête de bois, se plaisait, jusque-là, à compromettre son avenir.
Le destin d’Ahmed Taïeb El Alj aurait pu être tout tracé. Son père, tisserand, possédait une affaire florissante. Son fils n’aurait qu’à s’initier à la fabrication de tissus, ensuite mettre la main à la pâte avant de prendre sa succession, souhaitait-il. Il dut déchanter. Son héritier affichait une incompatibilité d’humeur surprenante avec les étoffes. En attendant qu’il trouve sa voie, cet homme pieux, peu disposé à confier son enfant aux «infidèles», l’envoya au «msid». Las ! A l’époque, les «fqihs» avaient la main lourde et le fouet leste. De quoi écœurer le futur dramaturge, qui fuya comme la peste, sans demander son reste, cette réplique d’enfer. Il s’aimait, en attendant de pouvoir se respecter. 

 
N’ayant pas supporté le msid, il apprendra à lire grâce à un ami étudiant

 

Mais, comment se respecter quand on a été réduit, par un sort défavorable, à vendre des légumes le matin et des journaux l’après-midi ? Ahmed Taïeb ne cessait de ruminer sa détresse, tout en se promettant de prendre une revanche sur la fatalité. Un songe resté vain, jusqu’à ce que la fortune le frappât de deux coups qui allaient infléchir le cours de son existence. Ulcéré d’avoir été traité d’ignare par un de ses camarades, il mit à contribution un étudiant impécunieux pour l’alphabétiser en bonne et due forme. Au bout de quelques mois, non seulement il savait lire et écrire, mais il pouvait affronter les textes majeurs. Plaisir dont il se fit un point d’honneur de cultiver immodérément, devenant, ainsi, un lecteur compulsif.
A force de fréquenter les autres, Ahmed Taïeb fut saisi par le démon de l’écriture. Il se fit la main dans la confection d’articles de journaux. Nous sommes en 1951. Un metteur en scène peu connu le prie de bien vouloir coller sur les murs de sa boutique l’affiche de son spectacle Hier et Aujourd’hui. Il n’y voit pas de mal. Pour l’en remercier, son obligé l’invite aux répétitions de sa pièce. Ahmed Taïeb se montre ravi de l’aubaine. Un soir, l’un des comédiens ne se présente pas. Par jeu, on demande au vendeur de légumes de prendre sa place. Le personnage qu’il doit camper, celui de Mabrouka, une servante au grand cœur, est accessoire. Ahmed Taïeb le joue à la perfection. C’est à lui que le rôle sera dévolu. Il l’interprète avec une telle vivacité, énergie et humour qu’il est perçu par les spectateurs comme l’attraction principale de la pièce. Serait-il taillé, sans le savoir, pour le métier de comédie ? Ahmed Taïeb n’en a pas le moindre doute. Mais pour réaliser ses ambitions, Fès n’est pas la ville la plus appropriée, c’est à Rabat que se fait l’œuvre, se dit-il. Prestement, il ferme boutique, envoie les journaux paître, s’arrache, avec un pincement au cœur à son quartier des Khrachfiyne et à son derb natal Al Hammam, puis file droit vers l’aventure. Il est rapidement enrôlé par la troupe d’Al Maâmora à titre… d’accessoiriste.

 
L’inventeur du Molière à la sauce marocaine

 

«Moi, héron, me contenter d’une si pauvre chère !», s’indignait l’échassier de la fable. Ahmed Taïeb El Alj aurait pu prendre à son compte cette exclamation plaintive. Mais l’ancien menuisier fit feu de tout bois pour conquérir les places dont il se sentait digne. Il y parvint grâce à sa force de caractère. Sous la baguette d’André Voisin, le chef-d’orchestre de la formation de Al Maâmora, il joua brillamment sa partition aussi bien dans le registre de l’interprétation que dans ceux de la mise en scène et de l’écriture dramatique. Par un caprice de la mémoire, c’est l’activité rayonnante de El Alj en tant qu’auteur qui est resté dans les annales de l’histoire. En dix-huit ans de présence parmi Al Maâmora, Ahmed Taïeb El Alj aura composé 22 pièces sur les 52 présentées par la troupe, dont une kyrielle d’adaptations de Molière, Amayl Jha, Le malade imaginaire, Wali Allah…, des co-créations, Les Balayeurs, avec Abdessamad Kenfaoui, Tahar Ouâziz et André Voisin ; ou des créations, telles que Hadda. Et là nous arrivons à ce débat polémique qui enflammait la critique dans les années soixante et soixante-dix : Pourquoi les écrits de El Alj se taillaient la part du lion aux dépens de ceux de Abdessamad Kenfaoui, dont la pièce Bouktef, fut purement rejetée par la troupe, ou de ceux de Tahar Ouaâziz, autre auteur dont Al Maâmora faisait peu de cas ?
Dans son ouvrage intitulé L’animation par le théâtre au Maroc (1982), Aïssa Ikken tient que le «privilège» dont jouissait Ahmed Taïeb El Alj n’était nullement indu, tant ses œuvres vibraient de style, d’intelligence et d’humour. Ce dont convenait Abdellah Mansouri, seulement, selon lui, ce n’était pas l’heureuse facture des pièces de El Alj qui expliquait l’attrait qu’elles exerçaient sur les responsables de Al Maâmora, mais plutôt parce qu’elles étaient dans la ligne de la troupe. «La troupe Al Maâmora est une troupe officielle, elle est là, politiquement, pour donner du théâtre marocain l’image voulue par l’Etat. Dans ce but, la philosophie qui oriente ses travaux vise à donner à nos formes d’expression des contenus loin de tout ce qui bouleverse notre politique et sociale», écrit-il dans Al Alam Taqafi, du 30 novembre 1973.Voilà un exemple de jugement erroné, dû à une mésinterprétation flagrante de l’œuvre de El Alj. Il est évident que tout en donnant l’impression d’amuser la galerie, cet auteur mettait à nu le jeu social, pointait les travers de ses concitoyens, dénonçait les injustices et éreintait les politiques. Autant de raisons qui ont incité la censure à interdire de représentation Les moutons répètent, spectacle écrit par Al Alj, d’après une idée de Tayeb Saddiki, qui met en scène une troupe de moutons résolus à se rebeller à la veille de l’Aïd, et signifiant aux sacrificateurs leur refus d’être les agneaux du sacrifice.
En Ahmed Taïeb El Alj, le théâtre marocain tient son Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. L’auteur de Wali Allah et celui de Tartuffe présentent plus d’une parenté. Tous deux sont fils d’artisans, voués à succéder à leurs géniteurs, mais qui ont renoncé à leur carrière précaustionneuse, pour se jeter dans le fleuve intranquille des planches. Molière comme El Alj ont puisé aux sources. Le premier s’est inspiré de la pantalonnade italienne ou de la littérature espagnole (cf. Don Juan, tirée du Trompeur de Séville, de Tirso de Molina) ; le second a adapté Molière, Marivaux, Beaumarchais, Gogol, Brech, Romains… L’un et l’autre jouaient sur toute la gamme des effets comiques, de la farce la plus bouffonne jusqu’à la psychologie la plus élaborée. Leurs œuvres, se présentant comme de purs divertissements, combinaient le rire et la satire, la douceur et l’acidité, l’indulgence et la férocité. Ce qui leur a valu d’être constamment pris à partie par ceux que leurs flèches visaient: les faux dévots, les arrivistes, les flatteurs, les pédants, les exploiteurs, les trompeurs, les snobs, et, plus généralement, la bêtise au front de taureau et la pantomime sociale. 

 
Les paroles de «Âlach ya ghzali» et de «Ya dak l’insane» c’est lui

 

Mais si les comédies les plus «dérangeantes» de Molière parvenaient à passer entre les gouttes de la censure, quatre au moins, de celles mitonnées par El Alj furent mises à l’index, à savoir les moutons répètent (1969), mise en scène de Tayeb Saddiki ; La djellaba de l’élégance (1969), adaptée du Manteau de Nicolaï Gogol et réalisée par Abdellatif Dachraoui ; Qadi lhalqa (1971), montée par Abdellatif Dachraoui, et Ennachba (1973), spectacle mis en scène par son propre auteur.
Dramaturge capital, Ahmed Taïeb El Alj demeure aussi un parolier sans équivalent. Quantitativement et qualitativement. Ce virtuose du genre lyrique déploie toutes les harmoniques de la langue arabo-marocaine, puise dans les intarissables ressources métaphoriques et symboliques de celle-ci dans sa poésie, porteuse d’une énergie jubilatoire et d’un colorisme frémissant. Âlach ya ghzali, composée par Abderrahim Sekkat et chantée par Maâti Belkacem, Lbahia (Mohamed Fouiteh), Mana illa bachar (Abdelwahab Doukkali), Ya dak l’insane (Abdelhadi Belkhayat), Men dayy bhak (Abdelkader Rachdi / Ismaïl Ahmed), Khouyyi (Abdelkader Rachdi/ Latéfa Raafat) et des dizaines d’autres poèmes d’El Alj sont des merveilles de fraîcheur, de subtilité et de délicatesse, grâce auxquelles compositeurs et interprètes ont pu se faire un nom ou affirmer leur notoriété. Raison suffisante pour qu’ils se les arrachent. Même l’égyptophile Ahmed Bidaoui a composé à partir d’un de ses poèmes une chanson pour Nouâma Sahnouni ; même l’immense Egyptien, Abdelhalim Hafez, est tombé sous le charme de Ka taâjabni, qu’il a reprise avec bonheur, et si la mort n’était pas venue mettre son grain de sel, il aurait interprété une chanson déjà écrite par El Alj et composée par Abdelwahab Doukkali. Une chanson d’amour, bien entendu. Car cet impressionnant peintre de caractères privilégie la peinture de l’état amoureux. Sous sa palette, l’amour est conjugué à tous les tons, avec une prédominance du rouge passion et du noir désespoir. «On est souvent trompé en amour, souvent blessé, et souvent malheureux, mais on aime», observait le poète Alfred de Musset. C’est ce leitmotiv qui parcourt les chansons écrites par Ahmed Taïeb El Alj, et l’on y trouve notre bonheur.
Les saisons et les âges passent. Des lumières se sont éteintes, des œuvres retentissantes ont été recouvertes par le silence. Pas celles tissées par Ahmed Taïeb El Alj. Son théâtre intelligent et corrosif reste un modèle indépassable et sa poésie chantée enivre toujours les tympans les plus blasés.

 
INTERVIEW RÉALISÉ LE : 2011-03-14
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La Vie éco : Cent comédies, autant, sinon davantage de chansons, à votre compteur. Vous êtes un versificateur prolixe. Serait-ce parce que la muse vous visite assidûment ?

 
Ahmed Taïeb El Alj : Détrompez-vous ! Rien n’est plus fantaisiste, fantasque et capricieux que l’inspiration. Parfois, elle vous fait languir, alors que vous en avez impérativement besoin ; tantôt elle frappe à votre porte, sans crier gare, souvent à la faveur d’un événement anodin, d’une parole captée ou d’un souvenir lointain. J’ai toujours en mémoire la genèse de «Mana illa bachar». A la sortie du Centre de formation d’instituteurs, où je donnais des cours d’élocution, je me suis retrouvé coincé dans ma vieille bagnole. Elle refusait de démarrer, et moi, je n’étais pas doué pour la mécanique, alors je me suis mis à attendre qu’une âme charitable vienne à mon secours. Pour tromper mon impatience, j’ai sorti mon stylo et du papier et j’ai commencé à griffonner. Et voilà qu’une des répliques de «Wali Allah» m’est revenue à l’esprit. Se voyant confondu par la femme de son ami et protecteur, qu’il tentait de séduire, le faux dévot, que j’ai incarné sur scène, lui a fait observer qu’il était juste un simple humain, pourvu d’un cœur aimant et d’un regard sensible à la beauté. J’ai mis ce vers sur le papier et la muse a fait le reste. 
Un autre jour, pendant que j’étais à mon bureau du Théâtre Mohammed V, un individu, avec qui j’avais un différend, est venu me rendre visite aux fins de réconciliation. Après avoir vidé notre querelle, nous nous sommes rabibochés. Prenant congé de moi, l’homme m’a glissé cette supplique : «Frérot, compte-moi désormais comme l’un de tes proches !». La phrase a fait tilt dans mon oreille, au point de m’inspirer le poème «Khouyyi», que Latéfa Raafat chantera sur une musique de Abdelkader Rachdi, mon ami, mon frère.

 
Vous êtes copieusement distingué, honoré, célébré, en manifestation de gratitude envers le caractère fécond et estimable de votre œuvre. Mais, au fond, en êtes-vous satisfait ?.

 
Je serais présomptueux si je prétendais que mon œuvre est parfaite. La perfection n’étant pas de ce monde, aucune œuvre n’est exempte d’imperfections, de défauts ou de dissonances. Seuls les faux s’extasient devant leurs produits; les vrais créateurs, et j’en fais sans vanité, partie, ont toujours le sentiment de l’inabouti, l’inachevé, l’inaccompli. Maintenant, si vous me demandez d’évaluer mon œuvre quant à son utilité, je vous répondrai, sans ambages, que, sur ce plan, j’en suis loin d’être mécontent, autrement les universités et les instituts, la télévision et la radio ne me dédieraient pas des hommages sincères, les gens ne m’entoureraient pas quand je me trouve à une exposition ou à n’importe quel événement culturel, les passants ne me salueraient pas ou ne me demanderaient de poser en leur compagnie devant un appareil photographique. Au théâtre radiophonique, au théâtre tout court, à la télévision, dans le domaine de la chanson, j’estime avoir fait œuvre utile. Ce ne sont que les pontes du cinéma qui semblent ne pas m’accorder ce mérite. Pourtant, ma contribution à l’épanouissement de ce secteur n’est pas négligeable, ne serait-ce que parce que j’ai créé les dialogues de «A la recherche du mari de ma femme», le film de Mohamed Abderrahman Tazi, qui a eu l’heur de réconcilier le public avec le cinéma, et même de remettre ce dernier sur de bons rails. Mais, de cela, comme du reste, le CCM n’en fait aucun cas, et me néglige comme si je comptais pour des prunes.

--------------Source : Et-Tayeb Houdaïfa de La Vie éco,www.lavieeco.com

Auteur : 
Radouane Bnou‐nouçair

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